Nager avec les dauphins est un rêve d'enfant... un rêve tellement beau et fort qu'il m'a suivi jusqu'à l'âge adulte. Après quelques recherches sur le net, je découvre qu'il est possible de le réaliser en plein océan atlantique : aux Açores. Yann n'est pas à l'aise dans l'eau et hésite à se joindre à moi pour cette nouvelle aventure. Nous décidons alors ensemble de diversifier ce voyage en y ajoutant une bonne semaine de trek et un arrêt à Lisbonne. Etant en pleine écriture d'un livre sur les esprits de la nature, je souhaite aussi profiter de cette destination pour travailler un peu.
L'archipel des Açores est composé de neuf îles situées dans une zone où se rencontrent trois plaques tectoniques : nord-américaine, eurasienne et africaine. L'activité sismique est ici permanente, façonnant les reliefs et bouleversant la vie des açoriens. Le dernier volcan étant entré en éruption fut le Vulcao Dos Capelinhos entre 1957 et 1958. Tout droit sorti de l'eau, il transforma l'aspect de l'île de Faial. Aujourd'hui, sa vision reste spectaculaire. Il offre un paysage lunaire où seules de rares plantes grasses arrivent à survivre.
Un tour de l'île nous permet de faire quelques jolies rencontres et l'ascension du cratère de la Caldeira. Nous apprécions cette île si changeante, entre forêts luxuriantes, prairies verdoyantes, plages et roches volcaniques. Horta, la capitale, est mythique de par son histoire. Elle accueille depuis des siècles les marins de tous horizons faisant escale entre l'Europe et les Amériques. Sa marina est riche de navires et de souvenirs peints à même le sol. S'y promener, c'est partir en voyage...
Aux Açores, les transports en commun sont rares et toute la difficulté consiste à circuler dans les îles et entre les îles. Après quelques informations confuses et une queue impressionnante au guichet du port, nous prenons enfin un bateau pour Sao Jorge. L'île est réputée pour son aspect sauvage et ses treks au milieu des cratères volcaniques. Notre premier objectif est de trouver un endroit de rêve pour planter notre tente. Une location de voiture s'avère alors incontournable. Le camping d'Urzelina vient d'ouvrir... Formidable ! Il est quasi désert et sa situation est splendide !
La vue sur Pico est imprenable. L'océan s'ouvre à nous dans toute son immensité. Chaque matin, les premiers rayons du soleil nous invitent à la contemplation et à la méditation.
Nous nous aventurons à la découverte des trésors de Sao Jorge. Des brochures touristiques détaillent bon nombre de promenades, faciles à plus difficiles.
Le dragonnier est une plante arborescente très présente ici. Sa résine, rouge sang, est réputée pour ses vertus magiques et ses propriétés thérapeutiques. Sa longévité est exceptionnelle. Un spécimen aurait plus de 5000 ans...
Le village semble vide. Nous nous faufilons entre les murets séparant les maisons, puis tentons de rejoindre le chemin remontant la falaise. Un homme nous interpelle en route ! Il nous invite chez lui... Nous ne parlons pas le portugais, ce qui rend la conversation un peu limitée... Cependant, nous comprenons bien qu'il nous propose de boire un verre avec lui. Il nous sert tout d'abord un vin rouge espagnol : sympa. Il s'agit juste d'une mise en bouche ! Gardée précieusement dans un coin de sa bicoque, il sort une bouteille, une cuvée maison, un vin blanc fruitée et fort. Nous pensons aux quelques kilomètres abruptes qui nous restent à parcourir... et ce sous un soleil de plomb ! Le retour s'annonce terrible ! La tête tourne déjà... Nous restons un moment en sa compagnie, le temps d'admirer la décoration du lieu : une vieille radio rouge au son nasillard, un calendrier années 80 exposant généreusement quelques pin-up dénudées, des journaux en guise de tapisserie, une gazinière antique couverte de sédiments aux origines obscures, deux chaises et une table bringuebalantes. Allez ! Courage ! Nous le remercions amicalement et reprenons notre périple.
Un parcours le long de la crête de l'île nous offre un panorama magnifique entre volcans et océan.
L'île de Pico sera notre destination pour rencontrer les dauphins. Assis, face à son volcan émergeant des eaux, nous nous connectons aux cétacés. Nous nous présentons et leur faisons part de nos intentions. Nous leur expliquons que nous sommes venus partager des moments de joie avec eux. En réponse, nous avons la sensation d'une ouverture, un sourire...
Nous prenons le bateau au petit matin...
Nous sommes peu nombreux à bord. Nous nous installons à l'arrière, sur la gauche, seuls. Soudain, un dauphin apparait ! Il nage à notre niveau. C'est incroyable ! Nous avons le sentiment qu'il nous souhaite la bienvenue. Ce séjour sur Pico s'annonce déjà extraordinaire.
Nous avons pris une semaine à l'Espaço Talassa. Le pack comprend l'hébergement en bed and breakfast et une sortie "danse avec les dauphins" par jour. Trois mois avant notre arrivée, j'ai écrit à Serge Viallelle pour l'informer de mon électrosensibilité et lui demander des informations quant à l'installation WIFI dans l'hôtel. Comme tout semblait ok, je n'ai rien emporté pour me protéger. Or la première nuit se passe mal : impossible de fermer l'oeil et de sérieux maux de tête ! A l'évidence, il y a un souci... Nous descendons prendre notre petit déjeuner au restaurant et là : surprise ! Nous découvrons que notre chambre est située juste au-dessus du boitier WIFI ! C'est une première déception... Nous demandons alors de changer de chambre. Là encore, peu de réactivité... Heureusement, Chrystel et Yann (son conjoint), faisant eux aussi partie du groupe "dauphins", occupent l'ancien logement de Serge et nous proposent de nous accueillir en attendant. Il faudra 48 h pour qu'enfin une solution soit trouvée ! Mais cela en vallait la peine. Voici notre havre de paix, loin de l'agitation, au coeur de Lajes Do Pico :
Le temps est incertain, plus proche de celui de l'Ecosse que des Canaries. Il fait gris, il bruine et le vent souffle. Les sorties s'annoncent musclées ! Le rendez-vous est fixé à 9h00 le matin, en combinaison, prêts à embarquer. Et c'est parti ! Assis à califourchon, bien accrochés, nous fendons les éléments déchainés. Après 20 mn de rodéo, nous arrivons au large et allons à la rencontre des cachalots.
Nous avons fait un petit montage vidéo :

